Mois : avril 2021

L’âgisme , la suite !

LE RECONNAÎTRE, COMPRENDRE ET AGIR!!!

Par Sylvie Taillefer

Selon plusieurs auteurs, l’âgisme est un préjugé en raison de l’âge.  Dans la pratique, le terme a été récupéré par la gérontologie et, dans la vie courante, est utilisé principalement en parlant des aînés.  Ainsi, l’âgisme, entendu aujourd’hui, regroupe toute forme de violence, ségrégation, mépris, négligence et maltraitance s’appliquant aux aînés.

En fait, ce phénomène de société se présente sous plusieurs formes et on le retrouve dans l’ensemble des milieux et sans pour autant être violent, l’âgisme peut être très insidieux.  Voici des exemples de comportement qui donnent des indices pour le reconnaître :

  • l’infantilisation;
  • le mépris;
  • la non-reconnaissance des droits;
  • l’imposition de restriction ou de normes sociales en raison de l’âge.

Le point de départ d’une prise de conscience est de reconnaître nos propres préjugés à l’égard du vieillissement et des personnes âgées.  Il s’agit donc d’observer nos propres comportements ainsi que ceux des autres et de se questionner.

FAITES-VOUS DE L’ÂGISME?[i]

  1. Dites-vous “Oh, comme elle est cute” en voyant une femme âgée faire quelque chose que ferait une femme plus jeune (ex : embrasser un homme, s’amuser au parc)?
  2. Considérez-vous que les personnes âgées ne soient pas attrayantes à cause de leur apparence physique (ex : peau lâche, rides, cheveux gris, embonpoint autour des hanches)?
  3. Avez-vous tendance à parler à une personne âgée en l’appelant “ma p’tite madame” ou “mon p’tit monsieur”?
  4. Présumez-vous que les travailleurs plus âgés prennent la place des plus jeunes?
  5. Croyez-vous que les travailleurs plus âgés soient plus souvent malades?
  6. Avez-vous déjà présumé que le conducteur de la voiture devant vous était vieux parce qu’il ne démarrait pas rapidement?
  7. D’après vous, les travailleurs de plus de 50 ans sont-ils moins performants, pus résistants aux changements et aux nouvelles technologies?
  8. Êtes-vous d’avis que les travailleurs âgés sont plus lents et plus sujets à oublier?
  9. À vos yeux, les aînés sont-ils des “vieux” ou des “veilles”?
  10. Croyez-vous que les jeunes ne soient pas intéressés par l’expérience des personnes plus âgées?
  11. Êtes-vous d’accord pour dire que les jeunes travailleurs ne pensent qu’à leur qualité de vie?
  12. Quand vous parlez à une personne âgée, êtes-vous mal à l’aise de la regarder dans les yeux?
  13. Croyez-vous que les travailleurs séniors soient moins flexibles, moins motivés et obnubilés par la retraite?

Si vous avez répondu oui à plus de trois questions, il est possible que vous fassiez de l’âgisme…

Dénonçons si nous en sommes témoins.  Informons, éduquons et communiquons autour de nous.  Vieillir n’est pas une maladie mais une étape normale de la vie.  Méfions-nous des idées qui nous sont servies en présentant de manière catastrophique une société vieillissante !!!

http://www.aqg-quebec.org/grands-dossiers/agisme/je-m-informe-1/faires-vous-de-l-agisme

Nous réalisons un sondage et aimerions connaître votre avis.

Pour une Municipalité qui aime ses aînés !

La Table de concertation communautaire de Mirabel, par l’entremise de son Comité Aînés en action, a entrepris un processus de réflexion concernant la qualité de vie et les services offerts aux aînées sur le territoire mirabellois. Afin de mettre en place des actions permettant bien vieillir dans notre communauté, la première étape de ce processus consiste à réaliser un sondage sous forme de questionnaire pour mieux comprendre la réalité des aîné(e)s et futurs aîné(e)s de la MRC de Mirabel. C’est donc dans ce cadre que nous sollicitons votre participation.

Trois  façons  d’y participer

Par Internet :

Copier-coller le lien et aller sur internet, le sondage s’ouvrira :

https://fr.surveymonkey.com/r/WYZGQHG

Copie Papier :

Sur demande, nous vous ferons parvenir une copie papier

Par téléphone :

Et nous vous aiderons à la compléter

Pour nous rejoindre

Carole Lavallée, chargée de projet

projetaine@cdcdemirabel.com

514-594-3370

LA MPC : un minimum pour vivre

Vous avez certainement vu circuler sur les réseaux sociaux les revendications du Collectif sans pauvreté le 1er avril dernier. Entre autres, le Collectif demande au gouvernement de considérer la Mesure du panier de consommation (MPC) comme le minimum de base pour tout le monde. Faisons un petit survol ensemble de ce que ça veut dire et ce que ça implique.

La Mesure du panier de consommation (MPC) est fondée sur le coût d’un panier de biens et de services précis correspondant à un niveau de vie de base modeste. Le panier comprend la nourriture, les vêtements, le transport, le logement et d’autres dépenses pour une famille de référence. Ces coûts sont comparés au revenu disponible des famille pour déterminer si elles vivent ou non sous le seuil de la pauvreté (gouvernement du Canada).

À Mirabel, la MPC en 2018 était de 19 114$ pour une personne seule (38 228$ pour une famille de quatre personnes). Une personne sur l’aide sociale, toujours en 2018, a un revenu de 9 041$, si elle a des contraintes sévères à l’emploi, 13 685$ annuellement. Une personne âgée reçoit 19 712$ par année. Une personne qui travaille au salaire minimum en 2018 gagne un salaire net de 20 556$ par année.

À noter que, depuis le printemps 2019, la MPC est considérée comme le seuil de pauvreté officiel par le gouvernement fédéral. Le Collectif pour un Québec sans pauvreté dénonce cette décision, car la simple couverture des besoins essentiels est insuffisante pour sortir de la pauvreté. La MPC ne représente qu’un minimum. En effet, en septembre 2020, au terme d’un vaste processus de consultation, Statistique Canada a officialisé la révision complète des seuils de la MPC (base de 2018). Par exemple, pour 2018, le montant nécessaire à la couverture des besoins de base à Montréal est passé de 17 820 $ à 20 080 $ pour une personne seule et de 35 640 $ à 40 160 $ pour une famille de quatre personnes. L’augmentation s’explique en bonne partie par une nouvelle façon d’évaluer les coûts liés au logement (https://www.pauvrete.qc.ca/mpc-revisee-campagne/).

J’aimerais terminer avec le mythe que nous entendons souvent, soit : À Mirabel, la pauvreté n’existe pas (ou très peu). Mirabel apparaît souvent comme une MRC riche et dynamique avec des secteurs ruraux, urbains et industriels en pleine expansion.  Cependant, Mirabel compte parmi ces citoyens une part non négligeable de sa population qui est en situation de pauvreté et de vulnérabilité : quelque 9230 personnes vivent sous la MPC, soit 23% de la population (pour ne nommer que ceux-là, il y a de multiples facettes à la vulnérabilité). De plus, la population de Mirabel augmente de façon exponentielle à chaque année, ce qui augmente la pression sur le nombre de services qui doit suivre avec cette croissance démographique.

En conclusion, pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, les communautés doivent agir au bon moment et de façon soutenue dès l’apparition des facteurs de risque. Elles doivent mettre en place de conditions favorisant le développement des individus et des collectivités, que ce soit pour avoir du logement abordable, augmenter l’accessibilité physique et financière à des aliments sains et soutenir la réussite éducative. Et ça commence par donner aux citoyens le minimum de revenu afin, pas seulement couvrir ses besoins de base, mais aussi se sortir de la pauvreté.

 

Anick Lorrain